New York, siège des Nations Unies – juin 2026
Peace and Sport a participé au Sommet sur la diplomatie de la Coupe du monde 2026, organisé par l’UNITAR (Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche) en amont de la Coupe du monde de la FIFA 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Le Sommet a réuni des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, d’instances sportives, du monde universitaire, de la société civile et du secteur privé afin de contribuer à un Livre blanc sur la diplomatie du sport et l’héritage des grands événements sportifs. Peace and Sport était représenté par Ludovic Dau, directeur de l’Impact et de la diplomatie du sport, et Ernesto Lucena, représentant de Peace and Sport en Amérique latine et ancien ministre des Sports de Colombie.
Plaider pour une nouvelle vision de l’héritage
Tout au long des discussions, Peace and Sport a mis en avant une idée centrale : le succès des grands événements sportifs ne doit pas seulement être mesuré à l’aune d’indicateurs économiques, du développement des infrastructures ou de la couverture médiatique, mais aussi par leur capacité à générer un impact social à long terme au sein des communautés.
Dans son intervention lors du Sommet, Ernesto Lucena a mis en avant l’un des principaux défis auxquels est confronté aujourd’hui le secteur du sport au service du développement : alors que les grands événements sportifs génèrent une valeur économique, diplomatique et de réputation considérable, les initiatives sportives de base peinent souvent à accéder aux ressources nécessaires pour pérenniser leur impact. Il a appelé à un renforcement des investissements dans les programmes sportifs communautaires et a examiné comment les technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, pourraient aider à mesurer l’impact, à mettre en relation les bailleurs de fonds avec des projets crédibles et à renforcer les investissements fondés sur des données probantes dans le sport au service du développement et de la paix.
La diplomatie sportive à la base : construire la paix à partir de la base
Au cours de la session intitulée “Beyond the Stadium: Urban Development and Community Sport for Development” (Au-delà des stades : développement urbain et sport communautaire au service du développement), animée par Ludovic Dau, les participants ont examiné comment le sport peut favoriser la cohésion sociale, renforcer la résilience des communautés et contribuer à une coexistence pacifique.
La discussion a réuni des représentants des Nations Unies, du HCR, de la Fédération internationale de canoë-kayak, de l’Association internationale de boxe, de New Balance, de World Boston et de VSI Executive Education, reflétant la prise de conscience croissante qu’un impact durable nécessite une collaboration intersectorielle.
La contribution de Peace and Sport au Livre blanc s’est concentrée sur deux thèmes stratégiques :
- Construire une culture de la paix au niveau communautaire
S’appuyant sur les enseignements tirés de la publication à paraître Peacemakers – Cinq années pour construire la paix par le sport de Peace and Sport, l’organisation a souligné l’importance des programmes à long terme, portés localement, qui utilisent le sport comme outil éducatif pour favoriser l’inclusion, la citoyenneté et la cohésion sociale. Des exemples tirés de la Colombie, de l’Inde et du Togo ont démontré comment le sport peut contribuer à réduire la violence, à autonomiser les femmes et les filles, à renforcer la confiance et à créer des opportunités pour les communautés vulnérables lorsqu’il s’inscrit dans des stratégies éducatives et sociales plus larges.
- Promouvoir la diplomatie sportive au niveau local
Peace and Sport a également souligné le rôle de la diplomatie sportive au niveau local dans la création d’espaces de dialogue et l’instauration d’un climat de confiance au sein des sociétés divisées. Parmi les études de cas présentées lors du Sommet figuraient la Journée du football amical à Chypre, qui a réuni les communautés chypriotes grecques et chypriotes turques autour du football, ainsi que des initiatives menées dans la région des Grands Lacs africains et au camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie. Ces expériences illustrent comment le sport peut faciliter les liens humains, remettre en question les stéréotypes et créer les conditions propices à la coexistence, souvent avant même qu’un dialogue politique formel ne devienne possible.
Perspectives d’avenir
Les recommandations issues du Sommet sur la diplomatie de la Coupe du monde contribueront à un livre blanc dont la publication est prévue dans les prochaines semaines. Peace and Sport continuera à travailler aux côtés de l’UNITAR et de ses partenaires internationaux pour faire progresser une vision commune : celle où le sport est reconnu non seulement comme une plateforme de compétition et de divertissement, mais aussi comme un outil stratégique pour la consolidation de la paix, la diplomatie, l’éducation et le développement durable.
Comme l’a rappelé Didier Drogba, vice-président de Peace and Sport, aux participants lors du Sommet :
« La paix n’est pas simplement l’absence de guerre. La paix, c’est la création du dialogue, du respect, de la coexistence et des liens humains. Le sport a une capacité unique à contribuer à l’édification de cette culture de la paix. »



