Giovanni Malagò : « Promouvoir la paix et l’inclusion, c’est le reflet des valeurs de l’olympisme »

Jan 23, 2026

By Président de la Fondazione Milano Cortina 2026
Président de la Fondazione Milano Cortina 2026
Giovanni Malagò

Giovanni Malagò, président de la Fondazione Milano Cortina 2026, s’est confié à Peace and Sport à quelques jours du début des Jeux olympiques et paralympiques de Milan Cortina. Cet événement sportif mondial est aussi, pour lui, un moyen de montrer que l’Italie peut utiliser le sport comme vecteur de développement dans bien d’autres domaines.

Nous sommes à moins d’un mois du début des Jeux olympiques de Milan Cortina. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je suis très calme. Bien sûr, à moins de 25 jours du début des Jeux olympiques, il y a beaucoup de pression, mais cela fait partie du jeu quand on organise ce grand événement. C’est une réalité. Chaque jour est important, et ce qui compte, c’est la qualité du travail accompli avec le Comité international olympique, le gouvernement, et les autorités locales. La collaboration et le dialogue avec toutes les parties prenantes sont excellentes.

Est-ce que l’Italie est prête à vibrer pour ce grand rendez-vous de l’hiver, à domicile ?

Absolument ! On peut déjà voir que tout le pays vibre pour cette aventure, avant même la cérémonie d’ouverture. Le relais de la torche olympique en est le parfait exemple. La flamme olympique voyage dans tout le pays pendant 63 jours à travers les 110 provinces italiennes, dans 21 régions, en passant chaque jour sur un site classé au patrimoine de l’Unesco. L’Italie a l’honneur d’être le pays qui en compte le plus.

Ce relais de la flamme n’est pas juste un moment symbolique, il permet à la population de véritablement entrer dans ces Jeux, et cela crée des souvenirs partagés. Partout où la flamme passe, il y a un sentiment de fierté, notamment auprès de la jeunesse. Cela donne la sensation que les Jeux olympiques de Milan Cortina 2026 sont bien plus qu’un événement sportif. L’objectif est de célébrer nos territoires, notre culture et notre passion pour le sport.

Enfin, et c’est important de le dire, l’Italie a une grande tradition d’excellence dans l’organisation d’événements internationaux. Elle est prête pour ces Jeux.

« Le sport est un puissant moteur pour l’éducation et l’inclusion »

« La République reconnaît la valeur éducative, sociale et la promotion du bien-être physique et psychologique de l’activité sportive sous toutes ses formes. » Ces mots inscrits dans la Constitution italienne depuis l’automne 2022 ont-ils changé quelque chose dans la perception du sport et de ses rôles en Italie ?

Inclure le sport dans la Constitution italienne en 2022 a marqué un tournant dans le pays. Il y a eu un avant et après. Cela a été un long voyage depuis 1948, date de la fondation de notre Constitution après la Seconde guerre mondiale. La Constitution reconnaît désormais que le sport, ce n’est pas seulement la compétition, mais aussi un puissant moteur pour l’éducation et l’inclusion, et un élément essentiel au bien-être.

Depuis 2022, nous avons insisté – grâce à plusieurs campagnes – sur ces points importants. Et les chiffres sur la pratique sportive augmentent. 65 % des Italiens pratiquent désormais une activité sportive. Nous avons encore du travail devant nous, mais les chiffres croissent année après année. Les Italiens intègrent le sport dans leur mode de vie, et nous allons dans la bonne direction.

Les Jeux olympiques sont l’occasion de promouvoir les valeurs du sport. Pour vous, est-il important d’avoir vu l’Assemblée générale des Nations unies adopter à l’unanimité la Trêve olympique ?

J’étais présent lors du vote sur la Trêve olympique, qui est l’une des traditions fondamentales du mouvement olympique. Cela remonte à la Grèce antique, et c’est un message très puissant envoyé au monde entier. Bien sûr, le sport ne peut pas, seul, résoudre des conflits politiques. Mais il peut créer des moments de dialogue entre les nations.

Le fait que 165 pays s’accordent pour la Trêve olympique pendant la période olympique et paralympique montre qu’il existe une volonté commune de reconnaître le rôle du sport en tant que force au service de la paix. Nous verrons concrètement comment cela se passe à partir du 6 février – date du début des Jeux olympiques – mais avec le CIO, nous avons posé les fondations pour ouvrir le dialogue et peut-être vivre un miracle, un moment historique.

Pour nous, en tant qu’organisateurs des Jeux, c’est aussi un rappel de notre responsabilité. Les Jeux ont un but : s’ils peuvent aider, même symboliquement, à promouvoir la paix et l’inclusion, cela reflètera les réelles valeurs de l’olympisme.

Ce consensus résonne avec le message fondamental des Jeux de Milan-Cortina : Harmonie…

Harmonie. C’est l’image que l’on souhaite donner de nos Jeux 2026, et c’est le nom donné à la cérémonie d’ouverture du 6 février prochain. Nous sommes tous réunis derrière cet aspect fondamental du sport, qui qualifie aussi parfaitement la culture italienne.

« Nous voulions impliquer directement les jeunes générations dans toute l’Italie »

La flamme olympique parcourt l’Italie en ce moment. Pourquoi avoir décidé de mettre en place des « porteurs de la trêve Olympique » ?

Nous croyons à l’olympisme comme vecteur de paix, et nous le montrons grâce à ces porteurs de flamme. Ce n’est pas simplement symbolique, cela réunit les générations et les cultures à travers tout le pays. Dans l’histoire, nous avons vu que le sport pouvait avoir un impact sur la société. Ces relayeurs sont des sportifs, mais aussi des ambassadeurs qui viennent du monde de la culture, des arts, des sciences, des institutions… Avant tout, ce sont des ambassadeurs de la paix grâce à ce qu’ils ont fait dans leur vie. C’est le plus important, et c’est pour cela qu’ils ont un rôle particulier dans ce relais de la flamme.

Les Jeux de Milan Cortina, ce sera 47% de femmes, 50 épreuves féminines (un record) et 75% des disciplines avec une parité totale (un record aussi). C’est important de montrer l’exemple, pour promouvoir l’égalité des genres, notamment avec le programme Gen 26 ?

Depuis le début de notre voyage, nous avons investi beaucoup d’énergie et profité d’un soutien financier pour développer le programme Gen 26, car c’est l’un des piliers des valeurs du sport. Cela permet d’impliquer directement les jeunes générations dans toute l’Italie. Plus de 2 millions de jeunes et plus de 1500 écoles ont été impliqués dans ce projet. Cela leur a permis de travailler sur l’égalité et l’inclusion dans le sport, mais aussi dans la vie de tous les jours. Nous sommes très heureux de cela, car c’est une chance d’impliquer notre jeunesse dans des projets importants, qui compteront pour le futur.

L’olympiade culturelle 26 et le soutien de projets à travers le programme Italia dei Giochi sont également un moyen de promouvoir un accès élargi au sport. Êtes-vous satisfait de ces programmes et de ce qu’ils ont apporté ?

Je ne dirais pas « satisfait », mais plutôt « boosté » par ces projets. Cultural Olympiad 26, c’est plus de 20 initiatives qui ont touché 6,8 millions de personnes. Et 1 481 projets scolaires avec 57 000 étudiants impliqués. En regardant par exemple le projet « OnDance » de Roberto Bolle, on a pu voir que ces événements étaient un excellent moyen d’ouvrir la culture et le sport à tout le monde. Cela permet aux Italiens de prendre part à un grand événement, et de créer une communauté autour de ces rendez-vous.

« La campagne #WhiteCard montre que le monde du sport peut s’unir pour être plus fort »

Les Jeux paralympiques suivront les JO. Là aussi, vous avez souhaité sensibiliser au parasport, notamment à travers le programme I’mPOSSIBLE…

Nous voulons que les Jeux olympiques soient un réel succès, mais, en même temps, ce succès ne sera pas total si nous ne sommes pas capables de faire au moins aussi bien lors des Jeux paralympiques. Les Jeux paralympiques sont une énorme chance de mettre plus de lumière sur le parasport. C’est pour cela que nous mettons beaucoup d’énergie dans des programmes comme I’mPOSSIBLE. Ce programme, soutenu par notre partenaire Procter & Gamble, sensibilise les jeunes générations à l’histoire du Mouvement paralympique et aux droits des personnes en situation de handicap. L’impact de ce programme est réel, puisqu’il permet aux jeunes étudiants d’envisager le handicap d’une nouvelle manière. Et c’est exactement ce que nous voulons promouvoir grâce à l’organisation de ces Jeux olympiques et paralympiques.

Dans le passé, vous avez participé à la campagne #WhiteCard de Peace and Sport. D’un point de vue personnel, ces engagements sont donc importants pour vous ?

Bien sûr, toutes ces causes sont très importantes pour moi. Des initiatives comme la campagne #WhiteCard de Peace and Sport montrent que le monde du sport peut s’unir pour être plus fort, parler un langage universel en réunissant les gens au-delà des différences politiques et sociales.Nous voulons la même chose pour les engagements que nous avons pris. Tout le monde doit avoir cette mentalité, avoir dans le sang cette envie de faire bouger les choses. Ce ne sont pas juste des chiffres. L’enthousiasme et l’énergie sont indispensables pour faire de tous ces projets un succès.